LA GLOIRE DE MON PERE Marcel Pagnol
extraits
Chapitre 1 :
Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers.
Garlaban, c'est une énorme tour de roches bleues, plantée au bord du Plan de l'Aigle, cet immense plateau rocheux qui domine la verte vallée de l'Huveaune.
La tour est un peu plus large que haute : mais comme elle sort du rocher à six cents mètres d'altitude, elle monte très haut dans le ciel de Provence, et parfois un nuage blanc du mois de juillet vient s'y reposer un moment.
Ce n'est donc pas une montagne, mais ce n'est plus une colline : c'est Garlaban, où les guetteurs de Marius, quand ils virent, au fond de la nuit, briller un feu sur Sainte-Victoire, allumèrent un bûcher de broussailles : cet oiseau rouge, dans la nuit de juin, vola de colline en colline, et se posant enfin sur la roche du Capitole, apprit à Rome que ses légions des Gaules venaient d'égorger, dans la plaine d'Aix, les cent mille barbares de Teutobochus.
Mon père était le cinquième enfant d'un tailleur de pierres de Valréas, prés d'Orange.
La famille y était établie depuis plusieurs siècles. D'où venaient-ils ? Sans doute d'Espagne, car j'ai retrouvé, dans les archives de la mairie, des Lespagnol, puis des Spagnol.
De plus, ils étaient armuriers de père en fils, et trempaient des épées dans les eaux de l'Ouvèze : occupation, comme chacun sait, noblement espagnole.
Cependant, parce que la nécessité du courage a toujours été inversement proportionnelle à la distance qui sépare les combattants, les tromblons et les pistolets remplacèrent bientôt les espadons et les colichemardes : c'est alors que mes aïeux se firent artificiers, c'est-à-dire qu'ils fabriquèrent de la poudre, des cartouches et des fusées.
L'un d'eux, un arrière-grand-oncle, sortit un jour de sa boutique à travers une fenêtre fermée, dans une apothéose d'étincelles, entouré de soleils tournoyants, sur une gerbe de chandelles romaines.
Il n'en mourut pas, mais sur sa joue gauche, la barbe ne repoussa plus. C'est pourquoi, jusqu'à la fin de sa vie, on l'appela "Lou Rousti", c'est-à-dire Le Rôti.
C'est peut-être à cause de cet accident spectaculaire que la génération suivante décida – sans renoncer aux cartouches ni aux fusées – de ne plus les garnir de poudre, et ils devinrent "cartonniers", ce qu'ils sont encore aujourd'hui.
Voilà un bel exemple de sagesse latine : ils répudièrent d'abord l'acier, matière lourde, dure, et tranchante ; puis la poudre, qui ne supporte pas la cigarette, et ils consacrèrent leur activité au carton, produit léger, obéissant, doux au toucher, et en tout cas non explosible.
Cependant mon grand-père, qui n'était pas "monsieur l'aîné", n'hérita pas de la cartonnerie, et il devint, je ne sais pourquoi, tailleur de pierres. Il fit donc son tour de France, et finit par s'établir à Valréas, puis à Marseille.
Il était petit, mais large d'épaules, et fortement musclé.
Lorsque je l'ai connu, il portait de longues boucles blanches qui descendaient jusqu'à son col, et une belle barbe frisée.
Ses traits étaient fins, mais très nets, et ses yeux noirs brillaient comme des olives.
Son autorité sur ses enfants avait été redoutable, ses décisions sans appel. Mais ses petits-enfants tressaient sa barbe, ou lui enfonçaient, dans les oreilles, des haricots.
Il me parlait parfois, très gravement, de son métier, ou plutôt de son art, car il était maître appareilleur.
Il n'estimait pas beaucoup les maçons : "Nous, disait-il, nous montons des murs en pierres appareillées, c'est-à-dire qui s'emboîtent exactement les unes dans les autres, par des tenons et des mortaises, des embrèvements, des queues d'aronde, des traits de Jupiter... Bien sûr, nous coulions aussi du plomb dans des rainures, pour empêcher le glissement. Mais c'était incrusté dans les deux blocs, et ça ne se voyait pas ! Tandis que les maçons ils prennent les pierres comme elles viennent, et ils bouchent les trous avec des paquets de mortier... Un maçon, c'est un noyeur de pierres, et il les cache parce qu'il n'a pas su les tailler."
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Chapitre 2 :
Les écoles normales primaires étaient à cette époque de véritables séminaires, mais l'étude de la théologie y était remplacée par des cours d'anticléricalisme.
On enseignait à ces jeunes gens que l'Eglise n'avait jamais été rien d'autre qu'un instrument d'oppression, et que le but et la tâche des prêtres, c'était de nouer sur les yeux du peuple le noir bandeau de l'ignorance, tout en lui chantant des fables, infernales ou paradisiaques.
La mauvaise foi des "curés" était d'ailleurs prouvée par l'usage du latin, langue mystérieuse, et qui avait, pour les fidèles ignorants, la vertu perfide des formules magiques.
La papauté était dignement représentée par les deux Borgia, et les rois n'étaient pas mieux traités que les papes : ces tyrans libidineux ne s'occupaient guère que de leurs concubines quand ils ne jouaient pas au bilboquet ; pendant ce temps, leurs "suppôts" percevaient des impôts écrasants, qui atteignaient jusqu'à dix pour cent des revenus de la nation.
C'est-à-dire que les cours d'histoire étaient élégamment truqués dans le sens de la vérité républicaine.
Je n'en fais pas grief à la République : tous les manuels d'histoire du monde n'ont jamais été que des livrets de propagande au service des gouvernements.
Les normaliens frais émoulus étaient donc persuadés que la grande révolution avait été une époque idyllique, l'âge d'or de la générosité, et de la fraternité poussée jusqu'à la tendresse : en somme, une explosion de bonté.
Je ne sais pas comment on avait pu leur exposer – sans attirer leur attention – que ces anges laïques, après vingt mille assassinats suivis de vol, s'étaient entreguillotinés eux-mêmes.
Il est vrai, d'autre part, que le curé de mon village, qui était fort intelligent, et d'une charité que rien ne rebutait, considérait la Sainte Inquisition comme une sorte de conseil de famille : il disait que si les prélats avaient brûlé tant de juifs et de savants, ils l'avaient fait les larmes aux yeux, et pour leur assurer une place au paradis.
Telle est la faiblesse de notre raison : elle ne sert le plus souvent qu'à justifier nos croyances.
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Cependant, les études de ces normaliens ne se bornaient pas à l'anticléricalisme, et à l'histoire laïcisée. Il y avait un troisième ennemi du peuple, et qui n'était point dans le passé : c'était l'Alcool.
De cette époque datent L'Assommoir, et ces tableaux effrayants qui tapissaient les murs des classes.
On y voyait des foies rougeâtres, et si parfaitement méconnaissables (à cause de leurs boursouflures vertes et de leurs étranglements violets qui leur donnaient la forme d'un topinambour), que l'artiste avait dû peindre à côté d'eux le foie appétissant du bon citoyen, dont la masse harmonieuse et le rouge nourrissant permettaient de mesurer la gravité de la catastrophe voisine.
Les normaliens, poursuivis, jusque dans les dortoirs, par cet horrible viscère (sans parler d'un pancréas en forme de vis d'Archimède, et d'une aorte égayée de hernies), étaient peu à peu frappés de terreur. A la vue d'un verre de vin, ils faisaient une moue de dégoût.
La terrasse des cafés, à l'heure de l'apéritif, leur paraissait une sorte de cimetière de suicidés. Un ami de mon père, ivre d'eau filtrée, en renversa un jour les tables, comme un Polyeucte laïque qu'il était. Mais ce qu'ils haïssaient le plus farouchement, c'étaient les liqueurs dites "digestives", les Bénédictines et les Chartreuses, "avec privilège du Roy", qui réunissaient, dans une trinité atroce, l'Eglise, l'Alcool et la Royauté.
Au-delà de la lutte contre ces trois fléaux, le programme de leurs études était très vaste, et admirablement conçu pour en faire les instructeurs du peuple, qu'ils pouvaient comprendre à merveille, car ils étaient presque tous fils de paysans ou d'ouvriers.
Ils recevaient une culture générale, sans doute plus large que profonde, mais qui était une grande nouveauté ; et comme ils avaient toujours vu leur père travailler douze heures par jour, dans le champ, dans la barque ou sur l'échafaudage, ils se félicitaient de leur heureux destin, parce qu'ils pouvaient sortir le dimanche, et qu'ils avaient, trois fois par an, des vacances, qui les ramenaient à la maison.
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Chapitre 3:
C'est parce qu'il était sorti, lui aussi, dans un bon rang, que la déhiscence de la promotion ne l'avait pas projeté trop loin de Marseille, et qu'il était tombé à Aubagne.
C'était une bourgade de dix mille habitants, nichée sur les coteaux de la vallée de l'Huveaune, et traversée par la route poudreuse qui allait de Marseille à Toulon.
On y cuisait des tuiles, des briques et des cruches, on y bourrait des boudins et des andouilles, on y tannait, en sept ans de fosse, des cuirs inusables. On y fabriquait aussi des santons coloriés, qui sont les petits personnages des crèches de la Noël.
Mon père, qui s'appelait Joseph, était alors un jeune homme brun, de taille médiocre, sans être petit. Il avait un nez assez important, mais parfaitement droit, et fort heureusement raccourci par sa moustache et ses lunettes, dont les verres ovales étaient cerclés d'un mince fil d'acier. Sa voix était grave et plaisante et ses cheveux, d'un noir bleuté, ondulaient naturellement les jours de pluie.
Il rencontra un jour une petite couturière brune qui s'appelait Augustine, et il la trouva si jolie qu'il l'épousa aussitôt.
Je n'ai jamais su comment ils s'étaient connus, car on ne parlait pas de ces choses-là à la maison. D'autre part, je ne leur ai jamais rien demandé à ce sujet, car je n'imaginais ni leur jeunesse ni leur enfance. L'âge de mon père, c'était vingt-cinq ans de plus que moi, et ça n'a jamais changé.
Ils étaient mon père et ma mère, de toute éternité, et pour toujours.
Je sais seulement qu'Augustine fut éblouie par la rencontre de ce jeune homme à l'air sérieux, qui tirait si bien aux boules, et qui gagnait infailliblement cinquante-quatre francs par mois. Elle renonça donc à coudre pour les autres, et s'installa dans un appartement d'autant plus agréable qu'on n'en payait pas le loyer.
Dans les mois qui précédèrent ma naissance, comme elle n'avait que dix-neuf ans – et elle les eut toute sa vie – elle conçut de graves inquiétudes, et déclara en sanglotant que son bébé ne naîtrait jamais, parce qu'elle "sentait bien qu'elle ne savait pas le faire". Mon père essaya de la raisonner. Mais alors, elle disait, furieuse : "Quand je pense que c'est toi qui m'as fait ça !"
Et elle fondait en larmes.
Quand le survenant se mit à bouger, elle eut des accès de fou rire, entre deux crises de sanglots.
Effrayé par ce comportement déraisonnable, mon père appela au secours sa sœur aînée. C'était elle qui l'avait élevé. Elle était (naturellement) directrice d'école à La Ciotat, et célibataire.
La grande sœur fut tout à fait ravie, et décida qu'il fallait sur-le-champ installer ma mère chez elle, sur le bord de la mer latine : ce qui fut fait le soir même.
On m'a dit que Joseph en fut charmé, et qu'il profita de sa liberté pour conter fleurette à la boulangère, dont il mit en ordre la comptabilité : voilà une idée déplaisante, et que je n'ai jamais acceptée.
Pendant ce temps, la future maman se promenait le long des plages, sous le tendre soleil de janvier, en regardant au loin les voiles des pécheurs, qui partaient à trois heures vers le soleil couchant. Puis, près du feu où sifflotait la flamme bleue des souches d'olivier, elle tricotait le trousseau de sa bondissante progéniture, tandis que la tante Marie ourlait des langes, en chantant d'une jolie voix claire :
Sur le brick léger que le flot balance,
Quand la nuit étend son grand voile noir...
Elle était maintenant rassurée, d'autant que son cher Joseph venait tous les samedis, sur la bicyclette du boulanger. Il apportait des croquants aux amandes, des tartes à la frangipane, et un sachet de farine blanche pour faire des crêpes ou des beignets.
Elle avait pris de belles couleurs, et tout s'annonçait le mieux du monde, lorsqu'au petit matin du 28 février, elle fut réveillée par quelques douleurs.
Elle appela aussitôt la tante Marie, qui décréta que ce n'était rien, puisque le docteur avait annoncé la naissance d'une fille pour la fin du mois de mars ; puis, elle ralluma le feu, pour mettre en route une tisane. Mais la patiente affirma que les docteurs n'y comprenaient rien, et qu'elle voulait retourner tout de suite à Aubagne.
"Il faut que l'enfant naisse à la maison ! Il faut que Joseph me tienne la main ! Marie, Marie, partons vite ! Je suis sûre qu il veut sortir !
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Chapitre 8 :
Deux années passèrent :
je triomphai de la règle de trois, j'appris - avec une joie inépuisable -
l'existence du lac Titicaca, puis Louis X le Hutin, hibouchougenou et ces règles
désolantes qui gouvernent les participes passés.
Mon frère Paul, de son côté,
avait jeté son abécédaire, et il abordait le soir dans son lit, la
philosophie des Pieds Nickelés.
Une petite sœur était née, et
tout justement pendant que nous étions tous les deux chez ma tante Rose, qui
nous avait gardés deux jours, pour faire sauter les crêpes de la Chandeleur.
Cette invitation malencontreuse
m'empêcha de vérifier pleinement l'hypothèse audacieuse de Mangiapan, qui était
mon voisin en classe, et qui prétendait que les enfants sortaient du nombril de
leur mère.
Cette idée m'avait d'abord
paru absurde : mais un soir, après un assez long examen de mon nombril, je
constatai qu'il avait vraiment l'air d'une boutonnière, avec, au centre, une
sorte de petit bouton :
j'en conclus qu'un déboutonnage était
possible, et que Mangiapan avait dit vrai.
Cependant, je pensais aussitôt que les hommes n’ont pas d’enfants : ils n’ont que des fils et des filles, qui les appellent papa, mais les enfants venaient sûrement de la mère, comme les chiens et les chats. Donc, mon nombril ne pouvait rien. Tout au contraire, son existence chez les mâles affaiblissait grandement l’autorité de Mangiapan.
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J’allais poser mille questions, lorsque ma mère me dit :
-Mange.
Et comme j’oubliais ma tartine, elle poussa ma main dans ma bouche.
Puis, elle se tourna vers Paul :
-Toi, va d’abord mettre tes pantoufles, sinon tu vas nous faire encore une angine. Allez, file !
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La famille de Marcel (Marcel, son petit frère Paul, sa mère et son père
Joseph) sont en vacances dans une location dans les collines au dessus de
Marseille, avec l'oncle Paul et tante Rose.
Pour l'ouverture , oncle Paul
a décidé Joseph à aller à la chasse.
Marcel s'est imaginé qu'il
pourrait les accompagner, mais, au dernier moment, il a fallu déchanter: un
enfant de dix ans ne va pas à la chasse, surtout quand son papa est instituteur
et qu'il a un grand respect pour la loi.
Marcel n'accepte pas cette décision
et il décide de désobéir: le matin, il se prépare en cachette et suit les
chasseurs sans être vu.
Après plusieurs heures à
courir dans la colline sur la trace des chasseurs, Marcel est perdu.. Mais,
enfin , il retrouve son père et son oncle ! :
Chapitre 28 :
(…)
J'avançais, écartant les térébhinbtes et les genêts qui étaient aussi grands que moi...
J'étais encore à cinquante pas de la barre, lorsqu'une détonation retentit, puis, deux secondes plus tard, une autre! Le son venait d'en bas: je m'élançais, bouleversé de joie, lorsqu'un vol de très gros oiseaux, jaillissant du vallon, piqua droit sur moi... mais le chef de la troupe chavira soudain, ferma ses ailes et, traversant un grand génévrier, vint frapper lourdement le sol. Je me penchais pour le saisir, quand je fus à demi assomé par un choc violent qui me jeta sur les genoux: un autre oiseau venait de me tomber sur le crâne, et je fus un instant ébloui. Je frottais vigoureusement ma tête bourdonnante: je vis ma main rouge de sang. Je crus que c'était le mien et j'allais fondre en larmes, lorsque je constatai que les volatiles étaient eux-mêmes ensanglantés, ce qui me rassura aussitôt.
Je les pris tous deux par les pattes, qui tremblaient encore du frémissement de l’agonie.
C'étaient des perdrix, mais leur poids me surprit : elles étaientaussi grandes que des coqs de basse-cour, et j’avais beau hausser les bras, leurs becs rouges touchaient encore le gravier.
Alors, mon coeur sauta dans ma poitrine: des bartavelles! Des perdrix royales! Je les emportai vers le bord de la barre- c’était peut être un doublet de l’oncle Jules ?
Mais, même si ce n’était pas lui, les chasseur qui devait les chercher me ferait sûrement grand accueil, et me ramènerait à la maison : j’étais sauvé !
Comme je traversais péniblement un fourré d’argéras, j'entendis une voix sonore qui faisait rouler les R aux échos : c'était celle de l'oncle Jules, voix du salut, voix de la Providence !
A travers les branches, je le vis. Le vallon, assez large et peu boisé, n’était pas trop profond. L’oncle Jules venait de la rive d’en face, et il criait d'un ton de mauvaise humeur:
"Mais non, Joseph, mais non! Il ne fallait pas tirer! Elles venaient vers moi! C'est vos coups de fusil pour rien qui les ont détournées! "
Je m'étais approché et je voyais le pauvre Joseph. Sous sa casquette de travers, il mâchonnait nerveusement une tige de romarin et hochait une triste figure. Alors, je bondis sur la pointe d'un cap de roches qui s'avançait au-dessus du vallon et, le corps tendu comme un arc, je criai de toutes mes forces: "Il les a tuées! Toutes les deux! Il les a tuées!"
Et dans mes petits poings sanglants d'où pendaient quatre ailes dorées, je haussais vers le ciel, la gloire de mon père en face du soleil couchant.