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LE FRANÇAIS AU LYCÉE MOHAMED ES SBAI Professeur de français OUJDA - MAROC |
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La rhétorique (علم البلاغة) est l'art de présenter les idées de la façon la plus persuasive par
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1. |
l'invention: recherche des idées |
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2. |
la disposition: le plan, l'organisation |
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3. |
l'élocution: le recours aux images, figures, effets de style |
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4. |
l'action: diction, intonation et gestes... |
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5. |
une cinquième partie est la "mémoire". |
- La COMPARAISON التشبيه : elle rapproche deux éléments comportant une caractéristique commune, une analogie (le terme comparé et le terme comparant), à l'aide d'un mot comparatif (comme, pareil à, semblable à, il semble etc.).
Ex. : "...un Hémon exigeant et fidèle, comme moi" Antigone
- La MÉTAPHORE الاستعارة أو المجاز: c'est une comparaison sans terme comparatif, la forme la plus condensée d'image. Cette assimilation directe du comparé et du comparant peut créer des images surprenantes et d'une grande densité.
Ex. : "Tu es l’orgueil d’Œdipe", "L’humain vous gêne aux entournures dans la famille." Antigone
- L'ALLÉGORIE : elle consiste à représenter de façon imagée, en la matérialisant, une idée abstraite.
C'est une image littéraire dont le phore (comparant) est appliqué au thème (sujet comparé) non globalement comme dans la métaphore, mais élément par élément ou du moins avec une personnification.
Ex. : Mon beau navire ô ma mémoire / Avons-nous assez navigué / Dans une onde mauvaise à boire / Avons-nous assez divagué / De la belle aube au triste soir ... Guillaume Apollinaire
Ici la mémoire est matérialisée par l'image du navire à la dérive.
La rêverie... une jeune femme merveilleuse, imprévisible, tendre, énigmatique, à qui je ne demande jamais compte de ses fugues... André Breton
- La PERSONNIFICATIONالتشخيص : cette figure consiste à évoquer un objet ou une idée sous les traits d'un être humain.
Ex. : "Le jardin dormait encore." Antigone
- La MÉTONYMIE (échange de noms): elle remplace un terme par un autre qui est lié au premier par un rapport logique. Les deux éléments appartiennent au même ensemble, sont liés par un rapport de contiguïté. . Elle peut substituer :
-le contenant au contenu (ex. boire un verre),
-l'effet à la cause (ex. Socrate a bu la mort = le poison qui l'a tué),
-le symbole à la chose (ex. les lauriers = la gloire),
-l'objet à l'utilisateur (ex. le premier violon = le premier violoniste),
-l'auteur à son oeuvre (ex. lire un Zola), etc.
- La SYNECDOQUE (inclusion): c'est une variété de métonymie; c'est un trope permettant de désigner quelque chose par un terme dont le sens inclut celui du terme propre. Elle permet d'exprimer un tout par une de ses parties, un objet par sa matière, et vice-versa.
Ex. : Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur. " Victor Hugo (" les voiles " = les bateaux à voiles)
Une tête si chère; une lame; le cèdre (coffret de cèdre)...
- La PÉRIPHRASE الكناية : elle remplace un mot par sa définition.
Ex. : "...le fils brun et blond d'Edwige la désolée" (= Oluf), (Le Chevalier Double)
- L' ANTIPHRASE السخرية (procédé de base de l' ironie) : cette figure consiste à exprimer une idée par son contraire, dans une intention ironique.
Ex. LA NOURRICE, éclate.
Ah ! c'est du joli ! c'est du propre ! Toi, la fille d'un roi ! (en
réalité, elle veut dire que c'est une honte d'avoir un amant!)
- La LITOTE : elle consiste à dire peu pour suggérer beaucoup. Le verbe est souvent a la forme négative.
Ex. : --Va, je ne te hais point ! Pierre Corneille (Par ces mots, Chimène fait comprendre à Rodrigue qu'elle l'aime.)
- L'EUPHÉMISME التخفيف: cette figure permet d'atténuer une idée déplaisante
Ex. : demandeur d'emploi (= chômeur), la disparition (= la mort).
- L'ANTITHÈSE الطباق: elle met en parallèle deux mots désignant des réalités opposées. Cette forte opposition, souvent renforcée par un parallélisme de construction, permet de mettre vigoureusement en valeur une idée.
Ex. : Car tout être de chair jette indifféremment / Mêmes cris pour la mort et pour l'enfantement. Louis Aragon
- L'OXYMORE ou alliance de mots: cette figure est une variété d'antithèse. Deux mots désignant des réalités contradictoires sont étroitement liés par la syntaxe. Ex.: Je sais que c'est la coutume / D'adorer ces nains géants." Victor Hugo (" nains géants " = les hommes)
-Cette obscure clarté qui tombe des étoiles...
-...se cacha du mieux qu'il put pendant cette boucherie héroïque. (Candide)
c- Le CHIASME : cette figure est un effet de rythme. Les éléments de deux groupes parallèles sont inversés. Le chiasme peut souligner l'union de deux réalités ou renforcer une antithèse.
Ex.: La neige fait au nord ce qu'au sud fait le sable. Victor Hugo
- L'ELLIPSE الحذف: c'est la suppression de termes qui seraient grammaticalement nécessaires. Seuls subsistent dans l'énoncé les mots chargés de sens.
Ex. : " Non. Pas mauvaise."Antigone
Ex. : Ouf! Café, bain, travail... Deux pages par jour, d'accord? Philippe Sollers
- La PRÉTÉRITION: on déclare passer sous silence une chose sur laquelle on attire néanmoins l'attention, par un procédé indirect.
Ex. : Je pourrais faire remarquer que (Mme la duchesse) connaissait si bien la beauté des ouvrages de l'esprit... mais pourquoi m'étendre? Bossuet
V. LES FIGURES DE L'AMPLIFICATION ET DE L'INSISTANCE
- L'HYPERBOLE المبالغة: elle amplifie une idée parfois jusqu'à l'exagération pour la mettre en relief.
Ex. : "Maître, regardez comme la neige tombe, comme le vent siffle et fait ployer jusqu'à terre la cime des sapins..."(Le Chevalier Double).
- La GRADATION التصعيد: cette figure sert à créer un effet de dramatisation en ordonnant dans l'énoncé des termes de force croissante, dont le dernier est fréquemment hyberbolique.
Ex. "Va, cours, vole et nous venge." Pierre Corneille
- L'ANAPHORE التكرار في بداية الجمل: cette figure se caractérise par l'emploi répété d'un terme en tête d'un groupe de mots ou d'une phrase.
Ex. : ANTIGONE: O tombeau! O lit nuptial ! O ma demeure souterraine !...
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(Edition Librairie des Ecoles)
J’indique la ou les figure(s) de style
employée dans chaque phrase :
1- Les jnouns aimaient la propreté. p5
2- Ma mémoire était une cire fraiche. p9
3-Les moindres événements s’y gravaient en images. p 9
4-Je n’étais ni heureux ni malheureux, j’étais un enfant seul. Cela je le savais. p 9
5-Ils aimaient grignoter, sucer, mordre à plein dents. p 10
6-A dix ans, on est presqu’un homme. A dix ans, on parcourt seul tout le quartier. p 10
7-En attendant, j’étais seul au milieu d’un grouillement de têtes rasées, de nez humides… p 8
8-Lentement, je me glissai hors de cet essaim de femmes pour aller caresser un gros matou... p 25
9-Les deux moineaux partirent continuer leur conversation sur d’autres toits. p 26
10-Les plus petits comme les plus grands la connaissent.
11-Je me plongeai dans la contemplation de mes richesses.
12-Une flamme blanche et paisible dansait imperceptiblement dans un verre en forme de clarinette.
13-J’étais d’une générosité sans bornes.
14-Un homme sec, avec une barbe de bouc et un turban monumental, souleva le rideau d’entrée. P130
15-Cependant les mouches prospéraient de jour en jour.
16-D’autres personnes étaient enterrées dans cette salle d’une fraîcheur de paradis.
17-Mon esprit s’échappait des étroites limites de l’école et s’en allait explorer un autre univers.
18-Je me voyais simple et robuste, portant des vêtements en laine grège, les yeux pleins de flamme…
19-Ma mère releva la tête. Son visage ruisselait encore de larmes.
20-Je ne veux pas les voir ces bijoux de mauvaise augure.
21-Je crois que je ne les porterai jamais. Je sens qu’avec eux le malheur est entré dans cette maison.
22-Mon cœur ne ment pas quand il me renseigne sur quelqu’un ou sur quelque chose.
23-La lumière de l’été inondait des espaces de sable et de cailloux.
24-La bouilloire chantait. P145
25-Une boule dure se forma sur ma poitrine, gênant ma respiration. p 136
26-Je me sentais abandonné aux portes de l’Enfer. p 136
27-Je me souviens de cette solitude vaste comme les immenses étendues des planètes mortes. p 136
28-La maison se réveillait peu à peu, saluait le soleil et ses bruits familiers. p 137
29--Un mois dure un mois, mon fils, mais pour nous le mois à venir sera une éternité. p 137
30-Nous saurons démasquer la vérité. p 164
31-Moulay Laarbi a goûté au fruit amer de l’expérience. p 185
32-Une angoisse de fin de monde s’appesantit sur toutes choses.
33-Il a peu de clients mais beaucoup d’amis. p 56
34-Zineb tapait comme une sourde sur un minuscule tambourin de pacotille. p 122
35-C’était Hammoussa, pois chiche, l’élève le plus petit de taille de l’école. p 123
36-De grandes ondulations parcoururent cette mer humaine. p 164
37-Des explosions de colère fusaient çà et là. p 164
38-Le sort se montre parfois bien cruel. p 67
39-J’avais une envie folle de jouer du tambour. p 146
40-ses yeux trahissaient une profonde inquiétude, mais bientôt un large sourire venait dissiper l’orage.147
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Comparaison |
10- |
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Métaphore |
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Personnification |
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Hyperbole |
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Antithèse |
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Antiphrase |
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Gradation |
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Métonymie |
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Anaphore |
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Quelques figures de
style dans "
-Elle sortit soudain de son rêve, fronça le sourcil et se dressa à demi. P.9(métaphore)
-nous n'osions faire un geste, torturé par la crainte de la voir s'enfuir. P30(hyperbole)
-nous fûmes obsédés par cette impression énervante d'être suivis. P36(métaphore)
-nous fîmes quelques pas timides. p44(personnification)
-Ils dépeçaient un assez gros animal qui ressemblait à un cerf. P.44(comparaison)
-La hantise de ma propre position étouffa bientôt ma stupeur première. P54(métaphore)
-dans la prunelle de cet animal brillait l'étincelle spirituelle . p54(métaphore)
-La chasse se terminait dans un vacarme infernal. P56(métaphore)
-Je réussis pendant un certain temps à comprimer le sang qui bouillait dans mes veines. P62(hyperbole)
-Les événements de ces deux journées avaient brisé mon corps… p66(métaphore)
-Avec mes faibles ressources, je tentai d'échafauder une hypothèse….p66(métaphore)
-Je me raccrochais avec acharnement à cette explication….p68(métaphore)
-La lumière se fit brusquement dans mon esprit. P79(métaphore)
-J'accueillis l'autorité avec mon sourire le plus amical et en lui parlant sur un ton emphatique. P84(métaphore)
-combien je suis heureux d'être devant une créature qui respire la sagesse et l'intelligence! P84(métaphore)
-Les gorilles s'étouffèrent à force de rire…p.85(hyperbole)
-J'allais me laisser entraîner par Zira, la mort dans l'âme… p 116(hyperbole)
-La salle se déchaîna d'un seul coup, dans un enthousiasme qu'aucune plume ne saurait décrire.p126(métaphore)
-je n'aurais pas cru possible qu'aucune assemblée au monde pût exploser avec un tel bruit. P.126(hyperbole)
-J'avais ainsi autour de moi un tourbillon de créatures endiablés. P126(métaphore)
-J'ai un enfant, j'ai un fils sur la planète Soror. Je l'ai vu. P.178(anaphore)
-J'ai rallumé le feu sacré. (Grâce à moi une humanité ressuscite et va s'épanouir sur cette planète). P.178(métaphore)
-J'emmène avec moi Nova et Sirius, le fruit de nos amours interplanétaire. P.186(métaphore)
-Le monstre s'est transformé en un petit ballon, puis en une orange. Il est devenu un minuscule point p.187(gradation)
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a- ACROSTICHE: poème dont on peut lire le sujet, le nom de l'auteur, du dédicataire dans un mot vertical formé par les initiales de chacun des vers.
b- ALLITÉRATION: répétition des mêmes phonèmes, de mêmes syllabes pour produire un effet, par exemple un effet d'harmonie imitative.
Ex. : Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes?
c- ANACOLUTHE: rupture volontaire de construction syntaxique.
Ex.: Le roman n'est pas pressé comme au théâtre.
fin de l'albatros de Baudelaire: Exilé sur le sol au milieu des huées, / Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
d- ANTANACLASE: consiste à reprendre les mots (souvent de l'interlocuteur) en leur donnant une autre signification.
Ex.: Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas. Pascal
e- ANTONOMASE: employer un nom propre pour un nom commun.
Ex.: c'est un Harpagon = un avare
f- ASYNDÈTE: consiste à enlever les conjonctions qui devraient unir les différentes parties d'une phrase.
Ex.: bon gré, mal gré.
Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu.
g- CATACHRÈSE: La langue ne semblant pas avoir de termes propres, on a recours à une dénomination tropologique qui parfois se lexicalise.
Ex.: faire un créneau, une salade de fruits.
h- HYPALLAGE: souvent un transfert d'adjectifs; consiste à attribuer à certains mots d'une phrase ce qui convient à d'autres mots de la même phrase.
Ex.: de guerre lasse= las de la guerre; il enfonça son chapeau dans sa tête.
i- HYPERBATE: alors qu'une phrase paraît finie, on y ajoute un mot, un syntagme qui se trouve mis ainsi en évidence.
Ex.: La nuit m'habitera // et ses pièges tragiques.
j- HYPOTYPOSE: peint les choses d'une manière si vive et si énergique qu'elle les met en quelque sorte sous les yeux, et fait d'un récit ou d'une description une image, un tableau ou une scène.
Ex.: "Oluf, sur son grand cheval à formes d'éléphant, dont il laboure les flancs à coups d'éperon, s'avance dans la campagne ; il traverse le lac, dont le froid n'a fait qu'un seul bloc de glace, où les poissons sont enchâssés, les nageoires étendues, comme des pétrifications dans la pâte du marbre ; les quatre fers du cheval, armés de crochets, mordent solidement la dure surface ; un brouillard, produit par sa sueur et sa respiration, l'enveloppe et le suit ; on dirait qu'il galope dans un nuage ; les deux chiens, Murg et Fenris, soufflent, de chaque côté de leur maître, par leurs naseaux sanglants, de longs jets de fumée comme des animaux fabuleux." (Le Chevalier Double)
k- ONOMATOPÉE: formation de mots par harmonie imitative.
Ex.: frou-frou, cocorico
l- PARATAXE: disposer côte à côte deux propositions sans marquer le rapport de dépendance qui les unit
Ex. : Vous viendrez, j'espère? =j'espère que vous viendrez.
m- PARONOMASE: employer côte à côte deux paronymes.
Ex.: Traduttore, traditore.(= traduire c'est trahir)
n- PROSOPOPÉE: consiste à prêter la parole à une personne morte, absente, à un être inanimé, à une abstraction.
Ex. : prosopopée de la Sagesse de Dieu dans la Bible; de Fabricius chez Rousseau, des Lois chez Platon.
o- TROPES: ce sont les figures de style dans lesquelles on emploie les mots avec un sens différent de leur sens habituel.
p- ZEUGMA: infraction à la règle de l'harmonie des termes coordonnés.
Ex.: Vêtu de probité candide et de lin blanc. V. Hugo