Région orientale juin 2008

Examen régional de français, 1ère bac, session de juin2007

Académie régionale de l’oriental

Texte :

 

    Mon heure était venue. Je levai la main, puis tirant doucement sur la laisse que tenait le garde, je m’approchai d’un micro et m’adressai au président.

   «  Très illustre président, dis-je en mon meilleur langage simien, c’est avec le plus grand plaisir que j’ouvrirai cette boîte ; c’est très volontiers aussi que j’exécuterai tous les tours du programme. Cependant, avant de me livrer à cette tâche, un peu facile pour moi, je sollicite l’autorisation de faire une déclaration qui, je le jure, étonnera cette savante assemblée »

    J’avais articulé très distinctement, et chacune de mes paroles porta. Le résultat fut celui que j’escomptais. Tous les singes restèrent comme écrasés sur leur siège, abasourdis, retenant leur respiration. Les journalistes en oublièrent même de prendre des notes et aucun photographe n’eut assez d’esprit pour prendre un cliché de cet instant historique.

    Le président me regardait stupidement. Quant à Zaius, il paraissait enragé.

    «  Monsieur le président, hurla-t-il, je proteste… »

    Mais il s’arrêta court, submergé par le ridicule d’une discussion avec un homme. J’en profitai pour reprendre la parole.

     «  Monsieur le président, j’insiste avec le plus profond, mais avec énergie, pour que cette faveur me soit accordée, quand je me serai expliqué, alors, je le jure sur mon honneur, je me plierai aux exigences du très illustre Zaius. »

     Un ouragan*, succédant au silence secoua l’assemblée. Une tempête de folie passait sur les gradins, transformant tous les singes en une masse hystérique où se mêlaient les exclamations, les rires, les pleurs et les hourras ;cela au milieu d’un crépitement continu de magnésium, les photographes ayant enfin recouvré l’usage de leurs membres. Le tumulte dura cinq bonne minutes, pendant lesquelles le président, qui avait trouvé un peu de sang froid, ne cessa de ma dévisager. Il prit enfin un parti et agita sa sonnette.

    « Je…, commença-t-il en bégayant, je ne sais pas trop comment vous appeler.

     -Monsieur, tout simplement, dis-je.

     -Oui, eh bien, non…monsieur, je pense qu’en présence d’un cas aussi exceptionnel, le congrès scientifique que j’ai l’honneur de présider se doit d’écouter votre déclaration. »

     Une nouvelle vague d’applaudissements salua la sagesse de cette décision. Je n’en demandais pas plus.

 

Pierre Boulle, La planète des singes,

Le livre de poche, 1976, pp.116-117

 

*ouragan : forte tempête caractérisée par un vent très violent.

 QUESTIONS:

I-ETUDE DE TEXTE

1-Répondez aux questions suivantes d’après votre lecture de l’œuvre :

  a- Donnez le nom du personnage qui raconte. (0.5 pt)

  b-«  Mon heure était venue » veut dire :

-je vais mourir dans une heure.

-j’ai un rendez vous dans une heure.

-c’est l’occasion que j’ai tant attendue.

-c’est le moment du retour sur terre. 

       Recopiez la bonne réponse. (1 pt)

c- Pourquoi les savants biologistes tiennent-ils cette assemblée ? (0.5 pt)

2-a)Quelle est la faveur que le président veut demander en s’adressant au président de l’assemblée ? (1 pt)

b) Dans quel but ? (1 pt)

3- « Quant à Zaius, il paraissait enragé. »

Pourquoi d’après vous, Zaius était-il enragé ? (1 pt)

4-Recopiez le tableau suivant et complétez-le en délimitant dans le texte les passages correspondant aux titres de la première colonne. (1.5 pt)

 

Titre

Passages (début…fin)

Surprise et stupéfaction du public

 

Grande agitation

 

Approbation et enthousiasme

 

 

5-Pour convaincre l’assemblée, le narrateur emploie plusieurs moyens.

Relevez-en deux. (1 pt)

6-          « Un ouragan, succédant au silence secoua l’assemblée. »

a)       Identifiez la figure de style utilisée dans cet énoncé. (0.5 pt)

b)      Sur quoi le narrateur veut-il insister en employant cette figure de style. (1 pt)

 

    7-« Je n’en demandais pas plus. »

       Quel sens donneriez-vous à cette phrase ? (1 pt)

 

II- Production écrite : (10 pts)

Sujet :

Quand on est fort et puissant, on n’est pas toujours sensible à la faiblesse et à la fragilité des autres.

Dites ce que vous en pensez à partir de votre expérience personnelle.

Région de Casa 2008

EVALUATION 

    Texte

Ma mère se leva pour se préparer. Elle changea de chemise et de mansouria, chercha au fond du coffre une vieille ceinture brodée d'un vert passé, trouva un morceau de cotonnade blanche qui lui servait de voile, se drapa dignement dans son haïk fraîchement lavé.

C'était, en vérité, un grand jour. J'eus droit à ma djellaba blanche et je dus quitter celle de tous les jours, une djellaba grise, d'un gris indéfinissable, constellée de taches d'encre et de ronds de graisse.

Lalla Aïcha éprouva toutes sortes de difficultés à s'arracher du matelas où elle gisait.

J'ai gardé un vif souvenir de cette femme, plus large que haute, avec une tête qui reposait directement sur le tronc, des bras courtes qui s'agitaient constamment. Son visage lisse et rond m'inspirait un certain dégoût. Je n'aimais pas qu'elle m'embrassât. Quand elle venait chez nous, ma mère m'obligeait à lui baiser la main parce qu'elle était chérifa, fille du Prophète, parce qu'elle avait connu la fortune et qu'elle était restée digne malgré les revers du sort. Une relation comme Lalla/Aïcha flattait l'orgueil de ma mère.

Enfin, tout le monde s'engagea dans l'escalier. Nous nous trouvâmes bientôt dans la rue.

Les deux femmes marchaient à tout petits pas, se penchant parfois l'une sur l'autre pour se communiquer leurs impressions dans un chuchotement. A la maison, elles faisaient trembler les murs en racontant les moindres futilités, tellement leurs cordes vocales étaient à toute épreuve; elles devenaient, dans la me, aphones et gentiment minaudières.

Parfois je les devançais, mais elles me rattrapaient tous les trois pas pour me prodiguer des conseils de prudence et des recommandations. Je ne devais pas me frotter  aux murs: les murs étaient si sales et j'avais ma superbe djellaba blanche,je devais me moucher souvent avec le beau mouchoir brodé pendu à mon cou, je devais de même m'écarter des ânes, ne jamais être derrière eux car ils pouvaient ruer et jamais devant car ils prenaient un malin plaisir à mordre les petits enfants.

      -   Donne-moi la main, me disait ma mère.

Et cinq pas après:

- Va devant, tu as la main toute moite.

Je reprenais ma liberté mais pour un temps très court. Lalla Aïcha se proposait de me guider dans la cohue. Elle marchait lentement et tenait beaucoup de volume. Un embouteillage ne tardait pas à se former. Les passants nous lançaient toutes sortes de remarques déplaisantes mais finissaient par se porter à notre secours. Des bras inconnus me soulevaient du sol, me faisaient passer par-dessus les têtes et je me trouvais finalement dans un espace libre. J'attendais un bon moment avant de voir surgir de la foule les deux haïks immaculés. La scène se renouvela plusieurs fois durant ce voyage. Nous traversâmes des rues sans nom ni visage particuliers. J'étais attentif aux conseils de mes deux guides, je m'appliquais à me garer des ânes, butais inévitablement dans les genoux des passants. Chaque fois que j'évitais un obstacle, il s'en présentait un autre. Nous arrivâmes enfin au cimetière qui s'étend aux abords de Sidi Ali Boughaleb. J'esquissai un timide pas d'allégresse.

La Boite à merveilles. A. Sefrioui.

 
I. Questions de Compréhension

1-Présentez brièvement l'auteur et son roman

2-Situez le passage dans l'œuvre.

3-"C'était, en vérité un grand jour".

         Pourquoi le narrateur parle-t-il d'un grand jour ?

4- Le narrateur et sa mère éprouvent-ils le même sentiment à l'égard de Lalla  Aïcha ? Justifiez votre réponse par des expressions tirées du texte.

 5-La mère du narrateur et son amie Lalla Aïcha ne se parlent pas de la même façon  à l'intérieur de la maison et dans la rue. Illustrez mieux cette constatation en  complétant le tableau suivant:

A l'intérieur de la maison           

Dans la rue

6-La description de Lalla Aïcha faite par le narrateur est-elle valorisante ou dévalorisante ? justifiez votre réponse par des expressions tirées du texte.

7-Pourquoi certains termes sont-ils écrits en gras?

 8- Identifiez la figure de style dans la phrase suivante:

"  J'attendais un bon moment avant de voir surgir de la foule les deux haïks immaculés".

9 -Relevez les termes relatifs au champ lexical de la foule.
 

11-Production écrite:

            Sujet: Il y a sûrement une personne qui a produit sur vous un effet. Faites d'elle une description physique et morale