

|
Examen régional de français, 1ère bac, session
de juin2007 Académie régionale de l’oriental Texte : Mon heure était
venue. Je levai la main, puis tirant doucement sur la laisse que tenait le
garde, je m’approchai d’un micro et m’adressai au président. « Très
illustre président, dis-je en mon meilleur langage simien, c’est avec le plus
grand plaisir que j’ouvrirai cette boîte ; c’est très volontiers aussi que
j’exécuterai tous les tours du programme. Cependant, avant de me livrer à cette
tâche, un peu facile pour moi, je sollicite l’autorisation de faire une
déclaration qui, je le jure, étonnera cette savante assemblée » J’avais
articulé très distinctement, et chacune de mes paroles porta. Le résultat fut
celui que j’escomptais. Tous les singes restèrent comme écrasés sur leur siège,
abasourdis, retenant leur respiration. Les journalistes en oublièrent même de
prendre des notes et aucun photographe n’eut assez d’esprit pour prendre un
cliché de cet instant historique. Le président me
regardait stupidement. Quant à Zaius, il paraissait enragé. « Monsieur
le président, hurla-t-il, je proteste… » Mais il
s’arrêta court, submergé par le ridicule d’une discussion avec un homme. J’en
profitai pour reprendre la parole. «
Monsieur le président, j’insiste avec le plus profond, mais avec énergie, pour
que cette faveur me soit accordée, quand je me serai expliqué, alors, je le
jure sur mon honneur, je me plierai aux exigences du très illustre
Zaius. » Un ouragan*,
succédant au silence secoua l’assemblée. Une tempête de folie passait sur les
gradins, transformant tous les singes en une masse hystérique où se mêlaient
les exclamations, les rires, les pleurs et les hourras ;cela au milieu
d’un crépitement continu de magnésium, les photographes ayant enfin recouvré
l’usage de leurs membres. Le tumulte dura cinq bonne minutes, pendant
lesquelles le président, qui avait trouvé un peu de sang froid, ne cessa de ma
dévisager. Il prit enfin un parti et agita sa sonnette. « Je…,
commença-t-il en bégayant, je ne sais pas trop comment vous appeler. -Monsieur,
tout simplement, dis-je. -Oui, eh bien,
non…monsieur, je pense qu’en présence d’un cas aussi exceptionnel, le congrès
scientifique que j’ai l’honneur de présider se doit d’écouter votre
déclaration. » Une nouvelle
vague d’applaudissements salua la sagesse de cette décision. Je n’en demandais
pas plus. Pierre Boulle, La
planète des singes, Le livre de poche,
1976, pp.116-117 *ouragan : forte tempête caractérisée par un vent
très violent. I-ETUDE DE TEXTE 1-Répondez aux questions suivantes d’après votre lecture
de l’œuvre : a- Donnez le nom
du personnage qui raconte. ( b-« Mon
heure était venue » veut dire : -je vais mourir dans une heure. -j’ai un rendez vous dans une heure. -c’est l’occasion que j’ai tant attendue. -c’est le moment du retour sur terre. Recopiez la
bonne réponse. ( c- Pourquoi les savants biologistes tiennent-ils cette
assemblée ? ( 2-a)Quelle est la faveur que le président veut demander
en s’adressant au président de l’assemblée ? ( b) Dans quel but ? ( 3- « Quant à Zaius, il paraissait enragé. » Pourquoi d’après vous, Zaius était-il enragé ? ( 4-Recopiez le tableau suivant et complétez-le en
délimitant dans le texte les passages correspondant aux titres de la première
colonne. (
5-Pour convaincre l’assemblée, le narrateur emploie
plusieurs moyens. Relevez-en deux. ( 6- « Un ouragan, succédant au
silence secoua l’assemblée. » a) Identifiez la figure de style
utilisée dans cet énoncé. ( b) Sur quoi le narrateur veut-il insister en employant cette figure de
style. ( 7-« Je
n’en demandais pas plus. » Quel sens
donneriez-vous à cette phrase ? ( II- Production écrite : ( Sujet : Quand on est fort et puissant,
on n’est pas toujours sensible à la faiblesse et à la fragilité des autres. |
Région de Casa 2008


|
EVALUATION Texte Ma mère se leva pour se préparer. Elle changea de chemise et de mansouria,
chercha au fond du coffre une vieille ceinture brodée d'un vert passé, trouva
un morceau de cotonnade blanche qui lui servait de voile, se drapa dignement
dans son haïk fraîchement lavé. C'était, en vérité, un grand jour. J'eus droit à ma djellaba blanche et je
dus quitter celle de tous les jours, une djellaba grise, d'un gris
indéfinissable, constellée de taches d'encre et de ronds de graisse. Lalla Aïcha éprouva toutes sortes de difficultés à s'arracher du matelas où
elle gisait. J'ai gardé un vif souvenir de cette femme, plus large que haute, avec une
tête qui reposait directement sur le tronc, des bras courtes qui s'agitaient
constamment. Son visage lisse et rond m'inspirait un certain dégoût. Je
n'aimais pas qu'elle m'embrassât. Quand elle venait chez nous, ma mère
m'obligeait à lui baiser la main parce qu'elle était chérifa, fille du
Prophète, parce qu'elle avait connu la fortune et qu'elle était restée digne malgré
les revers du sort. Une relation comme Lalla/Aïcha flattait l'orgueil de ma
mère. Enfin, tout le monde s'engagea dans l'escalier. Nous nous trouvâmes bientôt
dans la rue. Les deux femmes marchaient à tout petits pas, se penchant parfois l'une sur
l'autre pour se communiquer leurs impressions dans un chuchotement. A la
maison, elles faisaient trembler les murs en racontant les moindres futilités,
tellement leurs cordes vocales étaient à toute épreuve; elles devenaient, dans
la me, aphones et gentiment minaudières. Parfois je les devançais, mais elles me rattrapaient tous les trois pas
pour me prodiguer des conseils de prudence et des recommandations. Je ne devais
pas me frotter aux murs: les murs
étaient si sales et j'avais ma superbe djellaba blanche,je devais me moucher
souvent avec le beau mouchoir brodé pendu à mon cou, je devais de même
m'écarter des ânes, ne jamais être derrière eux car ils pouvaient ruer et
jamais devant car ils prenaient un malin plaisir à mordre les petits enfants. - Donne-moi la main, me disait ma mère.
Et cinq pas après: - Va devant, tu as la main toute moite. Je reprenais ma liberté mais pour un temps très court. Lalla Aïcha se
proposait de me guider dans la cohue. Elle marchait lentement et tenait
beaucoup de volume. Un embouteillage ne tardait pas à se former. Les passants
nous lançaient toutes sortes de remarques déplaisantes mais finissaient par se
porter à notre secours. Des bras inconnus me soulevaient du sol, me faisaient
passer par-dessus les têtes et je me trouvais finalement dans un espace libre.
J'attendais un bon moment avant de voir surgir de la foule les deux haïks
immaculés. La scène se renouvela plusieurs fois durant ce voyage. Nous
traversâmes des rues sans nom ni visage particuliers. J'étais attentif aux
conseils de mes deux guides, je m'appliquais à me garer des ânes, butais
inévitablement dans les genoux des passants. Chaque fois que j'évitais un
obstacle, il s'en présentait un autre. Nous arrivâmes enfin au cimetière qui
s'étend aux abords de Sidi Ali Boughaleb. J'esquissai un timide pas
d'allégresse. 1-Présentez brièvement l'auteur et son roman 2-Situez le passage dans l'œuvre. 3-"C'était, en vérité un grand jour". Pourquoi le narrateur
parle-t-il d'un grand jour ? 4- Le narrateur et sa mère éprouvent-ils
le même sentiment à l'égard de Lalla Aïcha ?
Justifiez votre réponse par des expressions tirées du texte. 5-La mère du narrateur et son amie
Lalla Aïcha ne se parlent pas de la même façon à l'intérieur de la maison et dans la rue.
Illustrez mieux cette constatation en complétant le
tableau suivant: A l'intérieur de la maison Dans la rue 6-La description de Lalla Aïcha faite par le narrateur est-elle
valorisante ou dévalorisante ? justifiez votre réponse par des expressions
tirées du texte. 7-Pourquoi certains termes sont-ils écrits en gras? 8- Identifiez la
figure de style dans la phrase suivante: " J'attendais un bon moment avant de voir
surgir de la foule les deux haïks immaculés". 9 -Relevez les termes relatifs au champ lexical de la foule. 11-Production écrite: Sujet: Il y a
sûrement une personne qui a produit sur vous un effet. Faites d'elle une
description physique et morale |