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LE FRANÇAIS AU LYCÉE MOHAMED ES SBAI Professeur agrégé de français JERADA - MAROC |
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Biographie des auteurs
(ces articles sont tirés de: www.wikipedia.com)
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GAUTIER |
Ahmed Sefrioui (aussi orthographié Ahmed Séfrioui, en arabe: أحمد الصفريوي) est le premier écrivain marocain de langue française. Il est né à Fès en 1915. Il a grandi dans la médina, d'où la présence prégnante de cet espace dans son œuvre et particulièrement dans La boîte à merveilles.
Sefrioui fut fondateur du musée Al Batha à Fès, une ville omniprésente dans la majorité de ses écrits. De l’école coranique aux écoles de Fès puis arrivé à la langue française, se manifeste tout un parcours qu’on trouve aussi présent dans ses écrits (historiques). Il fut journaliste dans « L’action du peuple », puis conservateur du musée « Addoha » à Fès, enfin fonctionnaire à partir de 1938 aux ministères de la Culture, de l’Éducation nationale et du Tourisme à Rabat. Il est mort le 25 février 2004 à Rabat.
Ahmed Sefrioui publia quatre ouvrages de fiction et plusieurs ouvrages documentaires sur le Maroc.
En 1947, il reçut le Grand prix littéraire du Maroc, attribué pour la première fois à un Marocain, pour le manuscrit du Chapelet d'ambre. La majorité de ses écrits furent repris au titre de rééditions ou de traductions.
Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, est un auteur et un acteur français de théâtre du XVIIe siècle, baptisé le 15 janvier 1622 et mort le 17 février 1673.
Considéré comme le « patron » de la Comédie-Française, il en est toujours l'auteur le plus joué. Impitoyable pour le pédantisme des faux savants, le mensonge des médecins ignorants, la prétention des bourgeois enrichis, Molière aime la jeunesse qu'il veut libérer des contraintes absurdes. Très loin des rigueurs de la dévotion ou de l'ascétisme, son rôle de moraliste s'arrête là où il l'a défini : « Je ne sais s'il n'est pas mieux de travailler à rectifier et à adoucir les passions des hommes que de vouloir les retrancher entièrement », et son but a d'abord été de « faire rire les honnêtes gens ». Castigat ridendo mores – Il corrige les mœurs en riant.
Fils de tapissier, Jean-Baptiste Poquelin est baptisé le 15 janvier 1622 à Paris, paroisse Saint-Eustache, vraisemblablement né le même jour ou la veille. Son grand-père l’emmène souvent voir des représentations théâtrales, éveillant en lui le goût pour la comédie. Sa mère meurt en 1632 alors qu'il n'a que dix ans. Il entre au collège de Clermont (actuel lycée Louis-le-Grand). Selon certaines sources, il aurait eu pour condisciple le prince de Conti, qui deviendra l'un de ses protecteurs. Il étudie ensuite le droit à Orléans (ou à Bourges ?), refusant ainsi de succéder à son père malgré le serment qu’il lui avait fait étant jeune.
Il remplace son père (1642) en tant que tapissier royal auprès de Louis XIII et fait la connaissance d'une famille de comédiens, les Béjart, avec qui il se lie. Il fonde avec eux l'« Illustre Théâtre » le 30 juin 1643, qui ouvre au jeu de paume des Métayers en janvier 1644.
L'Illustre Théâtre a pour directrice Madeleine Béjart, dont Molière s’éprend. En 1644, Jean-Baptiste lui succède sous le pseudonyme de « Molière ». Sur le choix de ce nom de scène, Grimarest, son premier biographe, écrit : « jamais il n'en a voulu dire la raison, même à ses meilleurs amis ».
Les débuts de l'Illustre Théâtre sont médiocres. Après plusieurs échecs, les dettes s’accumulent et au printemps 1645, la troupe l’Illustre-Théâtre fait faillite. Molière est emprisonné pour dettes pendant quelques jours. Il quitte Paris et devient comédien de province avec Madeleine Béjart pendant onze ans. Entre janvier 1646 et mars 1657, il joue à Nantes, Albi, Toulouse, Carcassonne, Poitiers, Vienne, Narbonne, Agen, Pézenas, Grenoble, Lyon, Montpellier, Dijon, Avignon, Bordeaux, Béziers, Rouen et même dans des villages comme Ambazac, où Molière a l'idée de composer Monsieur de Pourceaugnac. La troupe revient à Paris en 1658.
De 1645 à 1659, Molière se forme au métier d’acteur et de dramaturge : il écrit des canevas de farces ainsi que deux premières comédies : L’Étourdi (1655) et Le Dépit amoureux (1656) mettant en scène le personnage de Mascarille. Ces deux œuvres montrent une forte influence de la commedia dell'arte italienne.
Molière retourne à Paris, où il loue le jeu de paume du Marais. Protégé par Monsieur, frère du roi, il joue alors devant Louis XIV une tragédie, qui ennuie, et une farce, qui amuse. Molière dispose d'un grand talent comique : sa voix et ses mimiques déclenchent l’hilarité. La troupe de Molière jouit bientôt d'une réputation inégalée dans le comique, et le roi l’installe au Petit-Bourbon, où elle joue en alternance avec la troupe italienne de Scaramouche.
Première des grandes comédies de Molière, Les Précieuses ridicules (1659) remportent un succès éclatant et confirment la faveur du roi. Mais les vieilles précieuses raillées par Molière, outrées, font détruire le théâtre. Le roi installe alors Molière dans un théâtre désaffecté, celui du Palais-Royal.
En 1662, Molière épouse Armande Béjart (fille ou sœur de Madeleine) qui a une vingtaine d’années de moins que lui. La même année, il s’attaque à un sujet peu courant à l’époque : la condition féminine. L'École des femmes est un triomphe. Mais les dévots, considérant Molière comme un libertin et craignant son influence sur le roi, condamnent L'École des femmes comme une pièce obscène et irréligieuse. Par ailleurs, la protection du roi suscite des jalousies de la part de troupes de comédiens. Molière réplique en ridiculisant ses adversaires dans La Critique de l'école des femmes et L’Impromptu de Versailles.
En 1664, Molière est nommé responsable des divertissements de la cour et anime les Plaisirs de l’Île enchantée : il y donne La Princesse d'Élide qui mêle texte, musique et danse, et recourt à des machines sophistiquées.
Cette même année, Molière crée le Tartuffe, qui dénonce l’hypocrisie religieuse. Le scandale soulevé parmi les dévots est tel que le roi se voit contraint de l'interdire pendant cinq ans. Molière en donnera toutefois quelques représentations privées.
En 1665, on joue seulement quinze représentations du désormais célèbre Dom Juan. La troupe, soutenue par le roi, devient la Troupe du Roi.
Pendant les deux années qui suivent, Molière est malade. Il joue irrégulièrement mais continue à écrire, notamment Le Misanthrope, où il y exprime son amertume après sa séparation d'avec Armande, et Le Médecin malgré lui. Il tente alors de jouer à nouveau Tartuffe sous un titre différent, mais la pièce est interdite le lendemain. Molière collabora aussi avec Lully dans la production d’une nouvelle comédie-ballet, Monsieur de Pourceaugnac. En 1668, il crée deux pièces à machines : Amphitryon et George Dandin, ainsi que L’Avare dans un autre style. L’interdiction de représenter le Tartuffe est levée en 1669. La pièce remporte alors un succès considérable. Il écrit aussi Les Fourberies de Scapin en 1671.
Sa dernière pièce est Le Malade imaginaire. Pris de convulsions au cours de la quatrième représentation, Molière expire quelques heures plus tard, le 17 février 1673, chez lui et non pas en jouant cette pièce -comme le veut la tradition-, sans avoir abjuré la profession de comédien, considérée comme immorale par l’Église. Sa femme supplie Louis XIV d'intervenir auprès de l'Église pour autoriser un enterrement en terre sacrée. Molière sera enterré la nuit, quatre jours plus tard, au cimetière Saint-Joseph de la paroisse Saint-Eustache, en présence de huit prêtres et de centaines de personnes.
En 1817, sa dépouille a été transférée au cimetière du Père Lachaise en même temps que celle de La Fontaine.
Jean Anouilh, né le 23 juin 1910 à Bordeaux et mort en 1987 à Lausanne, est un écrivain français, auteur de nombreuses pièces de théâtre, dont la plus célèbre est Antigone, relecture moderne de la pièce de Sophocle. Son père est tailleur et sa mère musicienne ainsi que professeur de piano.
À 19 ans, il devient secrétaire de Louis Jouvet au Théâtre des Champs-Élysées. Il travaille pendant 2 ans dans une agence de publicité (avec Jacques Prévert).
En 1929, il écrit sa première pièce, une farce, Humulus le muet. Mais c'est en 1932 qu'il écrit sa première « vraie pièce » : L'Hermine. Il décide alors de vivre de sa plume, mais les débuts vont être durs.
Il connaît son premier grand succès en 1937 avec le Voyageur sans bagage au Théâtre des Mathurins. Les acteurs sont Sacha et Ludmilla Pitoëff.
Pendant l'occupation, Jean Anouilh continue d'écrire. Il ne prend position ni pour la collaboration, ni pour la résistance, ce qui lui sera reproché ensuite. Sa plus célèbre pièce, Antigone, a été écrite en 1942, mais jouée en 1944.
À la libération, il s'engage pour essayer de sauver l'écrivain collaborateur Robert Brasillach de la peine de mort. En vain. Cela va beaucoup le marquer : il va devenir misanthrope.
1946, c'est Roméo et Jeannette, première pièce interprétée par Michel Bouquet qui en jouera beaucoup d'autres.

Les Maupassant étaient une vieille famille lorraine qui s’était installée en Normandie au milieu du XVIIIe siècle. Son père, Gustave Maupassant, avait épousé en 1846 Laure le Poitevin, une demoiselle de bonne bourgeoisie. Avec son frère Alfred, elle avait été l’amie de Gustave Flaubert, le fils d’un chirurgien de Rouen, qui devait exercer une certaine influence sur la vie de son fils. Elle était une femme d’une culture littéraire peu commune, aimant beaucoup les classiques, particulièrement Shakespeare. Séparée de son mari, elle garda ses deux fils, Guy et Hervé, le plus jeune.
Il naît probablement à Fécamp le 5 août 1850 au Bout-Menteux, et non, comme le mentionne son acte de naissance, au château de Miromesnil (Tourville-sur Arques). Il passe son enfance à Étretat puis à Yvetot, où entre mer et campagne, il grandit dans l’amour de la nature et des sports en plein air ; il allait pêcher avec les pêcheurs de la côte et parlait patois avec les paysans. Il était profondément attaché à sa mère.
Il entre d’abord au séminaire à Yvetot, mais réussit à s’en faire expulser. De sa première éducation religieuse il conservera une hostilité marquée envers la religion. Il est alors envoyé au Lycée de Rouen, où il se montre bon élève, s’adonnant à la poésie et participant beaucoup aux pièces de théâtre.
Il s’enrôle comme volontaire et se bat vaillamment lors de la Guerre franco-prussienne qui éclate peu après son baccalauréat. Après la guerre, il quitte la Normandie en 1871 et vient à Paris où il passe dix ans comme commis au Ministère de la Marine. Pendant ces dix années d’ennui, sa seule distraction était le canotage sur la Seine le dimanche et pendant les vacances.
Gustave Flaubert le prend sous sa protection et sera pour lui une sorte de mentor littéraire, guidant son début dans le journalisme et la littérature. Chez Flaubert il rencontra le romancier russe Ivan Tourgueniev et Émile Zola, ainsi que de nombreux écrivains appartenant aux écoles naturaliste et réaliste. Il écrit beaucoup de vers et des courtes pièces.
En 1878 il est transféré au Ministère de l’Instruction Publique et commence à fournir des articles à plusieurs journaux importants comme Le Figaro, Gil Blas, Le Gaulois et l’Écho de Paris. Il consacre ses loisirs à l’écriture de romans et de nouvelles. En 1880 il publie son premier chef-d’œuvre, Boule de Suif, qui remporta d’emblée un grand succès, dans le manifeste du naturalisme des Les Soirées de Médan, organisées par Zola en 1880. Flaubert le qualifia de « chef-d’œuvre qui restera ».
La décennie de 1880 à 1891 fut la période la plus féconde dans la vie de Maupassant. Rendu célèbre par sa première nouvelle, il travaillait méthodiquement et produisait annuellement deux, et parfois quatre, volumes. Le sens des affaires joint à son talent lui a apporté la richesse.
En 1881, il publie son premier volume de nouvelles sous le titre de La Maison Tellier, qui atteignit en deux ans sa douzième édition ; en 1883, il termine son premier roman, Une vie, dont vingt cinq mille exemplaires furent vendus en moins d’un an. Dans ses romans, il concentrait toutes ses observations dispersées dans ses nouvelles. Son second roman, Bel-Ami, parut en 1885 et connut trente-sept tirages en quatre mois. Des ouvrages marquants par le style, la description, la conception et la pénétration s’échappaient de sa plume sans le moindre effort. Il écrit à cette époque ce que beaucoup considèrent comme son chef-d’œuvre, Pierre et Jean.
Son aversion naturelle pour la société le portait vers la retraite, la solitude et la méditation. Il voyagea longuement en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Bretagne, en Sicile, en Auvergne et chaque voyage était pour lui synonyme de volume nouveau. Il fait une croisière sur son yacht privé nommé « Bel-Ami » d’après son roman. Cette vie fiévreuse ne l’a pas empêché de nouer des amitiés parmi les célébrités littéraires de son temps : Alexandre Dumas fils avait pour lui une affection paternelle; il tombe sous le charme de l’historien-philosophe Taine qu’il rencontre à Aix-les-Bains.
Flaubert était toujours son parrain littéraire. Son amitié avec les Goncourt fut de courte durée ; sa franchise n’accepta pas l’ambiance de commérage, de scandale, de duplicité et de critique envieuse que les deux frères avaient créée autour d’eux sous l’apparence d’un salon littéraire à la manière du XVIIIe siècle. Il détestait la comédie humaine et la farce sociale.
Durant ses dernières années se développa en lui un amour exagéré pour la solitude, un instinct de conservation maladif, une crainte constante de mort et une certaine paranoïa dus à la syphilis qu’il avait contractée pendant ses jeunes années. Le premier janvier 1892, comprenant qu'il n'échappera pas à la folie, il fait une tentative de suicide en tentant de s'ouvrir la gorge. Il est alors interné à Paris dans la clinique du Dr Blanche où il meurt, un mois avant son 43e anniversaire, le 6 juillet 1893, après dix-huit mois d'inconscience presque totale. Sur l’acte de décès figure la mention « né à Sotteville, près d’Yvetot » qui ouvrira la porte à une polémique concernant son lieu de naissance.
Il est enterré au cimetière de Montparnasse à Paris (26e division).
Boule de Suif permet à Maupassant de devenir, à trente ans, un homme célèbre. Il manie volontiers l’ironie qu’il exerce dans de très nombreux contes et nouvelles naturalistes dont les personnages sont fréquemment des paysans normands ou des petits-bourgeois ; il excelle également dans le récit des aventures amoureuses ou dans le genre fantastique : on retiendra, parmi tant d’autres, la Maison Tellier (1881), les Contes de la bécasse (1883) ou Le Horla (1887), où l’on peut peut-être voir l’expression des premiers signes de sa maladie). On retrouve chez Maupassant cette peur de la mort dans plusieurs de ses nouvelles et dans un roman : Fort comme la mort (1889).
Il publie plusieurs autres romans : Une vie (1883), Bel-Ami (1885), Pierre et Jean (1888).
Les œuvres marquées (livre électronique) sont disponibles librement en format électronique sur Projet Gutenberg. Suivez le lien pour les retrouver.
Par ordre chronologique :

Honoré Balzac dit de Balzac, fils de Bernard-François Balssa (le nom Balzac est emprunté à une vieille famille noble, les Balzac d'Entraigues, la famille commencera à faire usage de la particule en 1802), et d'Anne-Charlotte Sallambier, né à Tours le 20 mai 1799 et mort à Paris le 18 août 1850, est le plus grand écrivain français de la première moitié du XIXe siècle, maître incontesté du roman réaliste.
Il élabora une œuvre monumentale, la Comédie humaine, cycle cohérent de plusieurs dizaines de romans dont l'ambition est de décrire de façon quasi-exhaustive la société française de son temps, ou, selon la formule célèbre, de faire « concurrence à l'état-civil ». Il n'hésitera pas, en pleine monarchie libérale de Juillet, à afficher ses convictions légitimistes.
Honoré de Balzac est né à Tours le 20 mai 1799. Il vient d'une famille bourgeoise. Il est le fils d'un ancien secrétaire du conseil du roi. Il étudia au collège de Vendôme.
En 1819, il est reçu bachelier en droit. Ne désirant pas devenir juriste, il s'intéresse à la philosophie et bifurque vers la littérature. Balzac écrit une tragédie qui lui vaut le conseil d'abandonner la littérature. Il écrit alors des romans mineurs sous divers pseudonymes. En 1822, il devient l'amant de Laure de Berny qui l'encourage et le finance. Honoré Balzac se lance dans l'imprimerie de 1826 à 1829 et subit un échec financier. Il se remit à écrire, mais en adoptant une manière toute nouvelle, qui le conduisit rapidement au succès.
En 1825, amant de la duchesse d'Abrantès, Balzac est introduit dans les salons à la mode. Il séjourna à L'Isle-Adam en 1827. Pour lui, cette ville était son Paradis Terrestre. Son roman Les Chouans, publié en 1829, est un premier succès. Balzac collabore à différents journaux et sa production littéraire s'accélère.
À la même époque, voulant se faire passer pour noble, il s'arroge une particule. Malgré ses dettes nombreuses, il mène la vie de luxe et d'excès dont il a toujours rêvé : vie mondaine, amours, quantités effarantes de cafés et nuits entières à écrire. Il donne en 1830, sous son vrai nom cette fois, la Physiologie du mariage, vive satire de l'état conjugal qui assura sa réputation ; il ne cessa depuis de produire des romans et des nouvelles qui furent lus avec avidité.
En 1832, Balzac reçoit la première lettre de l'étrangère, la comtesse Hanska. C'est le début d'une liaison de dix-sept ans, entrecoupée de longues séparations, mais soutenue par une correspondance assidue.
Vers 1837, de nouvelles entreprises coûteuses multiplient les dettes de l'écrivain. Il doit déménager, emprunter de faux noms et se cacher pour échapper à ses créanciers. Sa production littéraire est moins intense.
En 1841, Balzac érige le projet monumental de la Comédie humaine. Son ambition est de tracer un portrait de la réalité sociale et historique de son époque à travers l'ensemble de ses romans en décrivant mœurs et caractères qui la représentent. Il retravaille ses oeuvres et fait réapparaître certains personnages pour créer une œuvre unique et colossale.
La mort du comte Hanski permet à Balzac d'espérer épouser son amante, mais il doit attendre neuf ans avant d'exaucer son vœu. Sa santé se détériore. En 1847 et 1848, Balzac séjourne en Ukraine chez la comtesse. De plus en plus souffrant, enfin riche et célèbre, Honoré de Balzac épouse Mme Hanska en Ukraine le 14 mai 1850 et les époux s'installent à Paris le 21 mai. Balzac, agonisant, appelle à son chevet le docteur Bianchon, célèbre médecin de la Comédie humaine, un de ses propres personnages. Il meurt le 18 août à l'âge de 51 ans.
On trouve selon Marie Nicolas Bouillet dans la plupart de ses romans, avec un intérêt vif et soutenu, un style pittoresque et original, quoique peu correct et quelquefois de mauvais goût, une profonde observation des mœurs, une vérité de description frappante, ainsi qu'une grande subtilité d'analyse. Il a crée des types qui resteront : il a surtout excellé à dépeindre la femme et à saisir les ridicules de la bourgeoisie ; mais il s'est surtout appliqué à exposer les déviances de la société. Il a, en outre, adopté le ton d'un homme sans principes fixes, se montrant alternativement, et comme indifféremment, moraliste sévère, critique rêveur ou cynique effronté.
Balzac s'essaya aussi sur la scène mais avec moins de bonheur : son drame de Vautrin, joué en 1840, fut défendu comme dangereux ; cependant Mercadet le faiseur, comédie jouée après sa mort, obtint un succès de vogue : il y dévoile les roueries des spéculateurs.

Écrivain et philosophe français, Voltaire, de son vrai nom François Marie Arouet, est né le 21 novembre 1694 (quoiqu'il prétendait être né le 20 février de cette année) à Paris, où il meurt le 30 mai 1778. Il est admis à l'Académie française en 1746.
Il y a plusieurs hypothèses quant à son pseudonyme (Voltaire) :
Il change d'identité à l'occasion de son incarcération en 1717.
Dernier enfant de François Arouet, un riche notaire, et de Marie Marguerite Daumart, François-Marie Arouet, né le 21 novembre 1694, commence ses études en 1704 au collège des Jésuites, futur lycée Louis-le-Grand, où il fait de brillantes études de rhétorique et de philosophie, et fréquente la haute société libertine. Accusé d'avoir rédigé des pamphlets contre le régent Philippe III d'Orléans, il est emprisonné à la Bastille pendant près d'un an en 1717 et 1718. C'est là qu'il adopte le nom de Voltaire et qu'il achève Œdipe, sa première pièce, qui rencontrera le succès quelques mois après sa sortie de prison.
En 1726, à la suite d'une altercation avec le Chevalier de Rohan, il est dans un premier temps emprisonné une nouvelle fois à la Bastille puis il s'exile par la suite en Angleterre de 1726 à 1729 où il découvre la philosophie de John Locke, les théories scientifiques d'Isaac Newton, et la caractéristique de la monarchie anglaise, dont il assurera la vulgarisation en France dans les Lettres philosophiques.
Voltaire partage ensuite la vie d'Emilie du Châtelet, puis rentre à Paris où il mène une carrière de courtisan avant de tomber en disgrâce. De 1750 à 1753, il voyage à la cour de Berlin et se brouille avec Frédéric II. En 1755, il s'installe aux « Délices », près de Genève. Enfin, en 1758, il achète un domaine à Ferney et Tournay, en territoire français mais sur la frontière franco-helvétique. Il va aménager la région, bâtir, planter, semer et développer l'élevage. En compagnie de Mme Denis, sa nièce, gouvernante et compagne, il fait vivre un millier de personnes, se fait agriculteur, architecte, fabricant de montres et de bas de soie. Avec son sens de la formule, il résume l'entreprise : « Un repaire de 40 sauvages est devenu une petite ville opulente habitée par 1200 personnes utiles ». Voltaire n'est plus seulement l'homme le plus célèbre de son époque : il est devenu un mythe. De Saint-Pétersbourg à Philadelphie, on attend ses publications comme des oracles. Artistes, savants, princes, ambassadeurs ou simples curieux se rendent en pèlerinage à Ferney chez cet « aubergiste de l'Europe ».
En 1778, il revient à Paris : le peuple de la capitale l'accueille avec un tel enthousiasme que certains historiens voient dans cette journée du 30 mars « la première des journées révolutionnaires ».
Deux mois avant sa mort, le 7 avril 1778, il devient franc-maçon, dans la loge parisienne « Les Neuf Sœurs ». Il est possible que Voltaire ait été franc-maçon avant cette date, mais aucune preuve formelle n'existe.
Il meurt à Paris le 30 mai 1778. En février, 4 mois avant sa mort, il déclarait publiquement : " Je meurs en adorant Dieu, en aimant mes amis, en ne haïssant pas mes ennemis, en détestant la superstition.” Ses cendres sont transférées au Panthéon le 11 juillet 1791 après une grandiose cérémonie.
"Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire." Voltaire
(Cette phrase qui lui est souvent attribuée est apocryphe. Elle n'apparaît nulle part dans son oeuvre publiée. Elle fut en fait formulée en 1906 dans The Friends of Voltaire, livre anglais de Evelyn Beatrice Hall écrivant sous le pseudonyme de S. G. Tallentyre, pour résumer sa position : "I disapprove of what you say, but I will defend your right to say it", avant d'être traduite en français.)
Dans la pensée du philosophe anglais John Locke, Voltaire trouve une doctrine qui s'adapte parfaitement à son idéal positif et utilitaire. Locke apparaît comme le défenseur du libéralisme en affirmant que le pacte social ne supprime pas les droits naturels des individus. En outre, c'est l'expérience seule qui nous instruit ; tout ce qui la dépasse n'est qu'hypothèse ; le champ du certain coïncide avec celui de l'utile et du vérifiable.
Voltaire tire de cette doctrine la ligne directrice de sa morale : la tâche de l'homme est de prendre en main sa destinée, d'améliorer sa condition, d'assurer, d'embellir sa vie par la science, l'industrie, les arts et par une bonne « police » des sociétés. Ainsi, la vie en commun ne serait pas possible sans une convention où chacun trouve son compte. Bien que s'exprimant par des lois particulières à chaque pays, la justice, qui assure cette convention, est universelle. Tous les hommes sont capables d'en concevoir l'idée, d'abord parce que tous sont des êtres plus ou moins raisonnables, ensuite parce qu'ils sont tous capables de comprendre que ce qui est utile à la société est utile à chacun. La vertu, « commerce de bienfaits », leur est dictée à la fois par le sentiment et par l'intérêt. Le rôle de la morale, selon Voltaire, est de nous enseigner les principes de cette « police » et de nous accoutumer à les respecter.
Étranger à tout esprit religieux, Voltaire se refuse cependant à l'athéisme d'un Diderot ou d'un d'Holbach. Il ne cessera de répéter son fameux distique :
De nos jours encore (2005), cette interrogation subsiste, transférée sur la raison des "bonnes valeurs" des constantes universelles; (voir principe anthropique)
Ainsi, selon Voltaire, l'ordre de l'univers peut nous faire croire à un « éternel géomètre ». Toutefois, s'il reste attaché au déisme, il dénonce comme dérisoire le providentialisme (dans Candide par exemple) et repose cette question formulée dès Saint Augustin et qu'il laisse sans réponse : « Pourquoi existe-t-il tant de mal, tout étant formé par un Dieu que tous les théistes se sont accordés à nommer bon ? ».
On lui attribue par ailleurs aussi cette phrase : « Nous pouvons, si vous le désirez, parler de l'existence de Dieu, mais comme je n'ai pas envie d'être volé ni égorgé dans mon sommeil, souffrez que je donne au préalable congé à mes domestiques ».
Il a en tout cas lutté contre le fanatisme, celui de l'Église catholique comme celui du protestantisme, symboles à ses yeux d'intolérance et d'injustice. Tracts, pamphlets, tout fut bon pour mobiliser l'opinion publique européenne. Il a aussi misé sur le rire pour susciter l'indignation : l'humour, l'ironie deviennent des armes contre la folie meurtrière qui rend les hommes malheureux. Les ennemis de Voltaire avaient d'ailleurs tout à craindre de son persiflage, mais parfois les idées nouvelles aussi. Quand en 1755, il reçoit le Discours sur l'Inégalité de Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, qui désapprouve l'ouvrage, répond en une lettre aussi habile qu'ironique :
Le « patriarche de Ferney » représente éminemment l'humanisme militant du XVIIIe siècle. Comme l'a écrit Sainte-Beuve : « [...] tant qu'un souffle de vie l'anima, il eut en lui ce que j'appelle le bon démon : l'indignation et l'ardeur. Apôtre de la raison jusqu'au bout, on peut dire que Voltaire est mort en combattant. »
Sa correspondance compte plus de 23 000 lettres connues tandis qu'il laisse à la postérité un gigantesque Dictionnaire philosophique qui reprend les axes principaux de son œuvre, une trentaine de contes philosophiques et des articles publiés dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. De nos jours, son théâtre (tragédie, comédie) est oublié.
C'est à Voltaire, avant tout autre, que s'applique ce que Condorcet disait des philosophes du XVIIIe siècle, qu'ils avaient « pour cri de guerre : raison, tolérance, humanité » .
La présence de fossiles marins au sommet des montagnes était considérée à son époque comme une preuve de leur submersion et donc du déluge. Voltaire n'admettait pas cette interprétation, ni même l'idée qu'il y ait pu avoir un jour des fonds marins là où se trouvaient des montagnes. Il se gaussa de l'idée dans le Dictionnaire philosophique en se montrant surpris que personne n'ait pensé à une explication selon lui bien plus simple : que des croisés ou pèlerins aient abandonné des coquilles dont ils s'étaient munis comme provisions pour leur voyage.
À la décharge de Voltaire on n'oubliera pas que les idées étaient encore floues au sujet de la formation des montagnes : on n'imaginait pas que leurs roches eussent pu se trouver à un moment au-dessous du niveau de la mer et c'est au Déluge biblique qu'on attribuait la découverte de coquilles marines dans les hautes montagnes. Il répondait donc avec une apparence de bon sens qu'on ne comprenait pas alors pourquoi on ne découvrait pas ce genre de coquilles partout et il cherchait une explication raisonnable.
Ont porté trop souvent le même caractère;
Ils ont même courage, ils ont mêmes désirs.
Le crime a ses héros, l'erreur ses martyrs.
Du vrai zèle et du faux vains juges que nous sommes !
Souvent les scélérats ressemblent aux grands hommes. »
(La Henriade, ch. 5, 169-202)
